errance

L’errance, mais pas exactement sans but. Pas sur deux pieds solides non plus. Plutôt sur deux yeux avides. Choisir l’errance pour voir, c’est à dire pas seulement pour regarder. « On ne voit rien quand on se contente de regarder ».

Annoncer « Je vois ! », c’est préciser que l’on comprend. Le but de cette errance revient donc à saisir des éléments de compréhension. « Voir » ces apparitions : une ligne d’horizon vierge qui suggère l’infinité des possibles, tout autant que celle barrée par la forêt dense appelle en soi le courage. « Voir » tous les visages du ciel, chaque ride sur le front houleux de la mer…

Mais voir, c’est aussi choisir : on ne voit que ce que l’on veut bien voir. Alors les poissons peuvent voler auprès des goélands, et l’ombre devenir source d’illumination. Voilà ce qu’est l’errance : un moment suspendu, un sorte de méditation au milieu du mouvement. Un moment où l’on trouve, où l’on retrouve, ni un soi-même (qui pourrait s’avérer dangereusement décevant), ni un chemin à suivre (que deviendrait le délice du hasard ?), mais peut-être plus simplement la capacité de s’arrêter.

Où l’on veut. Quand on veut.

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